Je suis accro aux internets. Rien n'y fait, je ne peux (presque pas) vivre sans. Presque pas, car j'y arrive à l'occasion, volontairement, lorsque je me retire dans mon boisé témiscouatin encore imperméable aux ondes cellulaires. Chaque fois que je m'y retrouve cependant, le sevrage peut durer quelques heures, mais d'une fois à l'autre il est toujours plus aisé et le retour à la ville, plus cinglant.
Mais dans mon existence terrestre et quotidienne, dans cette partie de ma vie qui est urbaine, je ne peux résister à l'appel de ces périples plus ou moins longs, surfant d'une vague pour déferler sur l'autre, pour gober et rendre: partager.
Je suis une hippie dans l'âme. À la sauce branchée, certains diront. Car j'ai eu ces réseaux dans le sang, dans une bonne partie de ma vie au travail comme spécialiste en réseaux d'ordinateurs. J'ai connu aussi les beaux jours et l'ère des balbutiements des internets: les BBS (bulletin board system), Fidonet, Francité... Le lien commun de ces différents organismes siliconiens: le partage, la découverte d'infos et de gens, qu'on aime et qu'on aime moins. Mais aussi cette liberté. La liberté. Celle de la libre-expression.
Mais je réalise encore une fois rêver trop fort. L'attrait de ces communautés branchées est toujours là pour moi: une façon de continuer mon processus d'acquisition de données et d'infos sur la vie, sur les gens et l'une ou l'autre de mes passions du moment. Toutefois, ces belles petites sociétés virtuelles, sont malheureusement à l'image de la vraie société. Avec ces formations de cliques, ces guéguerres d'égos vaines et inutiles, là où on dit accepter tous gens de tous horizons et prôner la liberté d'expression, on peut se désillusionner brusquement avec du « fais ce que je dis, pas ce que je fais ». J'abhorre. À un point tel que l'envie de dénoncer bruyamment me hante. Des amis sympathisant à ce point de vue ont su se tirer en douce, sans faire de vagues. Je les admire tellement. Moi j'ai le goût de crier.
Que j'en ai marre de ces censures qu'on justifie à grands coups de respect. On peut respecter et ne pas partager l'opinion de l'autre. On peut même respecter ses adversaires. Et comme le disait un collègue, on peut ne pas respecter l'autre tout en demeurant civil. Le respect se gagne. Certains en ont pour l'autre par défaut et pour ceux-ci, le respect est une chose qui se perd.
Lorsque l'on émet, c'est pour être capté. Et si on parle ou écrit, il faut en assumer qu'un droit de réplique bien légitime puisse exister, que celle-ci soit positive ou négative.
Vous pouvez ne pas partager mon point de vue. Je n'ai aucun pouvoir me permettant de vous y forcer. Vous pouvez même me le dire en commentant à la suite de ce billet. Et ça n'a rien à voir avec le respect. Je suis ici chez moi, mais je suis toujours prête à vous entendre.
Vous n'êtes même pas obligé de m'aimer. Et je sais trop bien que si vous n'aimez pas ce blogue, rien ne vous oblige à revenir. Vos visites, ne seraient-elles répétées qu'une couple de fois sont un signe d'encouragement. Même si, têtue et opiniâtre que je suis, je persiste à scribloguer.
Le respect, ça peut se perdre.
Il peut être aussi regagné...