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2010/02/22

Canada 3 – États-Unis 5

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 18 janvier 2010)



La pilule du lendemain?

2010/02/20

Paul Henderson, 37 ans plus tard

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 29 septembre 2009 dans un forum de hockey)


Cette nouvelle tombée pendant le match opposant la Slovaquie à la Russie lors du tournoi préliminaire des JO de Vancouver, m'a fait chercher ce fameux billet... enfin retrouvé. Un très banal hommage à quelqu'un qui n'en est pas à sa première lutte, mais probablement l'une des dernières...

un 28 septembre 1972 à Moscou



L'histoire se jouait dans mes oreilles, alors que j'étais calée dans le fond d'une classe, ô comme le hasard fait les choses ironiquement parfois, pendant un cours d'histoire...

D'autres plus chanceux avaient eu en cet après-midi-là congé de devoirs congé de leçons, rassemblements dans des gymnases devant la télé. Moi, je fus obligée de camoufler un radio transistor dans mes vêtements, le fil d'écouteur tressé discrètement dans mes cheveux...

Mais avec 34 secondes à faire en troisième, Paul Henderson a trahi mon stratagème, ainsi que celui de 3 ou 4 autres compagnons de classe, lorsque nous n'avons pu retenir notre émotion dans cette victoire empreinte à jamais dans ma mémoire.



Il avait sauvé l'honneur du pays dans la série du siècle.

Je lui avais pardonné d'être un joueur des Maple Leafs.



Pour se rappeler ou avoir une idée de cette fabuleuse série du siècle, je recommande ce site: 1972 Summit Series.

Radio-Canada y consacre par ailleurs un excellent
dossier dans ses archives.

2009/11/16

Je me souviens d’un temps que les moins de vingt ans...

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 16 septembre 2009 dans un forum de hockey)



Je suis d'humeur nostalgique aujourd'hui. Tout comme depuis les 10 ou 15 derniers jours. Un rien me ramène en amont du temps... Possiblement c'est cette période de l'année qui me fait le coup bon an mal an: la grisaille automnale, l'anniversaire du décès d'une personne chère, l'interminable attente pour la vraie saison de hockey allez donc savoir...





Je viens tout juste d'entretenir une conversation en où, encore une fois, le déclic du souvenir s'est fait sentir violemment.

Souvenirs des Cyniques. Ceux-là même qui ont commis les meilleurs Bye-Bye jamais produits. RBO, à côté des Cyniques, pour moi c'est de la petite bière. Les Cyniques de IXE-13, the French-Canadian dream. Et à partir de là, Louise Forestier, splendide dans sa prestation aux dernières célébrations de la fête nationale sur les Plaines d'Abraham. De là, le lien à l'Ostidshow se tire aisément dans ma cervelle tordue...

Paradoxalement, je viens de terminer la lecture de la biographie de Pierre Bourgault, écrite magistralement par Jean-François Nadeau, journaliste au Devoir. Ce n'est pas le personnage politique qui m'avait amenée à lire l'ouvrage, mais l'amant inconditionnel et intransigeant de ma langue maternelle préférée. Au moment de son apogée politique, j'étais encore trop jeune pour en forger ma propre opinion, encore trop influencée par la vision de parents davantage portés au fédéralisme trudeauiste. À leurs yeux, Bourgault était un radical. Toutefois, Bourgault demeure tout un phénomène, que l'on adhère ou non à ses convictions politiques. Et pour cette raison, ce bouquin je le recommande vivement. C'est là entre autres qu'on se rappellera ou apprendra, c'est selon, que Bourgault avait écrit les paroles de cette chanson:



Ah, tant qu'à parler de souvenirs... Je reviens d'un court séjour passé dans un endroit où la seule forme de technologie moderne accessible et qui soit acceptable à mes oreilles était la radio de la Première Chaîne captée sur un appareil alimenté par cellule photovoltaïque ou à coups de crinques lorsqu'il fait trop sombre dehors. Ce qui m'a permis d'entamer l'excellente série d'émissions produite par la SRC portant sur la Révolution tranquille. Je vous la recommande fortement, que vous ayez 20, 30 ou 60 ans, car il n'y a pas meilleur cours d'histoire sur cette période déterminante de notre identité nationale, que l'on soit du camp de Pierre Boivin ou de celui de Réjean Tremblay.

D'ailleurs, parlant de l'ami Réjean, je suspecte que nous partagions certains goûts malgré nos différends virtuels. Je suis persuadée qu'il a tiré le titre d'une récente chronique du tout premier épisode de la série signée Michel Lacombe.

Mon interlocuteur de ma session de clavardage matinal a porté à mon attention le fait qu'il fut un temps où la Saint-Jean, du temps qu'elle n'était pas officiellement devenue la fête nationale, pouvait attirer plus de trois centaines de milliers de spectateurs. Dire que certaines personnes croient ferme que seul sir Paul est capable d'un tel exploit sur les Plaines d'Abraham...



2009/11/16 Notes additionnelles et circonstancielles



J'ai vraiment apprécié hier soir la présence de Monsieur à TLMEP. J'étais contente de le voir paraître en meilleure forme que lors de sa dernière présence à l'autel dominical télévisuel. Je me rappellerai toujours la conférence qu'il était venu donner en pleine campagne électorale à l'automne 1976 au Collège Notre-Dame-de-Foy que je fréquentais alors – ironiquement et même si ça n'a pas trop rapport, je me souviens aussi qu'un certain John Cannon, fils de Lawrence notre ministre, était du lot estudiantin… je me demande bien ce qu'il fait aujourd'hui. Donc oui, Monsieur. Oh quel homme ! J'ignorais beaucoup encore de ce grand homme qui a tant donné pour son pays. Mais il m'avait séduite par son intelligence et sa passion. Et en même temps, l'adolescente romantique que j'étais à l'époque n'avait pu s'empêcher aussi de remarquer l'amour profond qu'il portait pour sa douce Alice… Il m'a fallu un peu de temps par la suite pour vraiment apprécier Jacques Parizeau dans tous ses contextes historiques, de la Révolution tranquille à sa prestation de belle-mère d'un parti politique en agonie.

Je suivrai sûrement l'évolution de son blogue au cours des prochains jours.

2009/11/14

Insoutenables souvenirs légers

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 8 novembre 2009 dans un forum de hockey)


Nous avions été présentés l'un à l'autre par un ami commun, mon patron du temps et son ancien confrère alors qu'aux études. Nous étions si semblables et si différents lui et moi, ç'avait été le coup de foudre instantané. En fait, pour moi, ce fut le coup de foudre.

Moi citadine banlieusarde de Trois-Rivières, lui vétérinaire des grands chemins beaucerons, avions cliqué en discutant de L'insoutenable légèreté de l'être de Kundera. Notre histoire n'aura duré que quelques mois, mais ô combien de joyeux souvenirs de mes inepties et incompatibilités partielles avec la vaste campagne en aurai-je conservés.

Ces voyageages dans les collines des Bois-Francs, de l'Amiante et de la Beauce, amour à longue distance oblige. Des soirées de vendredi aux petits matins de lundi, que j'en avais fait du kilométrage à l'époque!

Je me revois encore à l'aurore d'un lundi printanier, filant à vive allure pour me rendre au travail. C'était un rang comme on les aime, en belle ligne droite, assez pour ignorer le code un tant soit peu, caché qu'il était parmi les arbres. Mais si le Code de la route peut être boudé, celui de la forêt on ne peut ignorer. Je me suis ainsi retrouvée dans un tête-à-tête imprévisible, celui qui aurait pu changer ma destinée. Soudainement, cet énorme animal décide de traverser ce cinquième rang de je ne me rappelle plus le nom de la place près de Black Lake, un raccourci, et juste comme je le rejoins s'arrête. C'est comme ça que je me revois assise, arrêtée devant cet orignal sans panache bien droit et perpendiculaire à mon chemin. Impossible à contourner. J'ignore le temps exact qu'avait duré l'arrêt, j'étais simplement dépourvue de solution autre qu'une attente interminable, le temps que l'errant plein de panache ne se décide. Mais je me souviens toutefois que l'excuse justifiant mon retard au boulot ce jour-là avait été un peu dure à avaler...

Il y eut aussi cette autre aventure, nocturne celle-là, où encore sous l'emprise de ces élans spontanés que commandent une telle idylle j'avais négligé de faire installer ses chaussures d'hiver à mon automobile. C'était ma première expédition solo dans la contrée de l'amoureux que j'allais rejoindre après le travail alors qu'il faisait sa garde de fin de semaine. Une nuit de décembre, au paysage frais enneigé éclairé d'une lune si pleine m'avait permis de surmonter mon inquiétude et prendre la route si peu connue. Ah ces beaux vals et vallons beaucerons! Quelles belles images défilaient autour de moi ce vendredi-là. Ou même était-ce déjà le samedi. Le hic, c'est qu'encore en cette époque on croyait à la performance des pneus quatre-saisons pendant les quatre saisons. Du moins dans les rues bien dessalées. Or le troisième (ou le cinquième?) rang de Saint-Jacques-de-Leeds, avec sa pente à grimper de 10 degrés faisait fi des promesses du Bibendum, et ma coréenne à propulsion arrière a abdiqué dans le fossé. En ces âges pré-cellulaires, une ballade en pleine campagne agrémentée de hurlements lointains, c'était bel et bien la lune pleine... Par chance, l'air était doux. Par chance, je voyais quelque part la lumière d'une chaumière accueillante, avec un feu de cheminée. J'ai marché plusieurs minutes de plus qu'envisagé, les distances étant trompeuses dans ces collines et finalement rejoint l'entrée de cour de la propriété au moment où l'occupant décidant d'aller dormir me faisait signe non-non en fermant son éclairage. Hésitante, j'ai tout de même osé frapper à la porte car ça ne me tentait pas pour une raison encore étrange de déterminer si les cris entendus étaient ceux de chiens ou de loups affamés. Je vous avoue, cette fois-là, j'ai dégusté l'une de mes meilleures tasses de thé à vie, celle que mon hôte si accueillant m'avait offerte, le temps d'attendre que l'amoureux ne vienne nous rescaper mon auto et moi du piège hivernal de la grande côte que nous n'avions jamais réussi à gravir.


2009/11/11

Est-ce le bon moment, Tom?

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 29 octobre 2009)

Belle surprise en une du Soleil ce matin. Une question de momentum?

Qu'ont ont en commun Christiane Charette, Kathleen Lavoie, Jean Leloup, et votre humble «scriblogueuse»?

Les trois autres ne le savent peut-être pas, mais on s'est tous rencontrés il y a un peu plus d'un an chez Christiane, – moi, j'étais celle avec le baladeur pendu aux oreilles, encore sous les vapes des effluves d'un quatre-centième ou quelque chose du genre. Pauvre Kathleen que je ne connaissais que par le biais de mon quotidien et de ses vues artistiques, le roi ponpon ne l'avait pas ratée au passage...

Bien, en ce glorieux et joyeux vendredi, je me réjouis que mon Soleil m'apprenne sa venue dans la blogosphère.

Moi qui, il n'y a que quelques mois à peine, déplorais le trop peu de Chantal dans le domaine...

Moi qui me suis sentie si mal d'avoir trop sévèrement critiqué la première blonde-blogueuse de l'Attaque à 5 pour avoir raté le coche télévisuel, une fois que j'ai réalisé le mauvais timing, celui de ne pas l'avoir fréquentée au bon moment en tant que la fort connue Miss Miller...

Je m'étais réjouie, silencieusement, dans le temps des camps d'entraînement lorsque je l'ai vue passer des Arts aux Sports. Je me réjouis davantage ce matin parce qu'il est plus que temps, je crois que c'est en effet le meilleur moment pour accueillir non seulement une autre blogueuse sportive, mais une autre professionnelle.

Bienvenue Milady Lavoie!

Mais sachez que malgré mon bonheur de vous lire ce matin, je demeurerai quand même une glorieuse fan finie de mes biens-aimés Glorieux, même si notre maire réalise notre rêve à toutes deux.

En guise de bienvenue, voici, juste pour vous Kathleen:



Le Chandail, fierté d’un peuple

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 18 août 2009)


Roch Carrier


Vous connaissez l'auteur Roch Carrier? Carrier est probablement l'auteur québécois, que dis-je, canadien, qui a le plus été inspiré par notre sport national. J'ignore pour quelle raison exacte ce matin, j'ai lorgné du côté du site de l'ONF. J'ai pris un immense plaisir à revoir cette succulente animation produite à partir d'un texte de Roch Carrier: Le Chandailvoir au bas de la page pour visionner. Pour Carrier, c'est clair: le hockey est la fierté d'un peuple. Et l'on sait que seule la mention du mot « peuple » déchaîne les passions. Conjuguez-y le hockey et la Flanelle on peut s'attendre à un mélange parfois explosif!

Un sage a déjà suggéré que discuter religion ou politique dans une réunion de famille est la recette assurée pour que l'ambiance dégénère. Je peux en attester personnellement. Récemment, ma participation accrue dans des forums dédiés à mon équipe de hockey préférée m'a permis de le vivre à un autre niveau. J'ai été témoin de prises de bec enflammées, plus, j'y ai participé et pire encore, j'en ai provoqué quelques-unes.

C'est vrai que c'est pas facile, que tout ça, c'est délicat. Le Club de hockey Athlétique Canadien, à l'origine une invention purement marketing – les confrontations anglos-francos attiraient la foule – a évolué pour devenir le symbole mythique d'un peuple, d'une nation. Le Canadien de Maurice Richard, c'est pour plusieurs l'affranchissement d'un peuple de l'emprise du conquérant. Impossible de le nier. L'excellente série télévisée Le hockey, la fierté d'un peuple l'a très bien démontré. Et ce, pour toutes les options linguistiques des peuples fondateurs.

Nos esprits sont souvent tordus par l'émotion. On explique la rivalité Canadien – Maple Leafs par celle pouvant exister entre les Canadiens français et les loyalistes du temps. Qu'en est-il de celle Canadien – Bruins? Boston n'est-elle pas le berceau de la révolution américaine? On réclame une identité bien québécoise pour l'équipe glorieuse, on veut s'identifier à ses joueurs. Et l'on manifeste en faveur de la réintégration d'un certain Artiste Est-européen. Récemment j'ai entendu un rappeur dénommé Chafiik décliner patriotiquement que le club de hockey Canadien devrait être au Québec ce que le Barca est à la Catalogne, et devrait ainsi regrouper plus de joueurs à l'identité du pays. Pourtant, il chante dans ce nouvel hymne :

Mais le tissu social de Montréal
C'est de la Sainte-Flanelle
[...]
C'est ça qui nous ressemble
C'est ça qui nous rassemble
Anglo, franco peu importe ta couleur de ta peau

extrait de la chanson Le but (Loco Locass)

Plusieurs ont cru le grand-prêtre Boivin lorsqu'il a promis que l'organisation se «tuerait» pour dénicher le gros joueur d'impact francophone. Plusieurs y ont rêvé à cet héritier de tout ce qu'a pu représenter l'incomparable Glorieux numéro 4. De nouveaux prophètes aux connexions occultes sont ainsi devenus les nouvelles coqueluches adulées de rêveurs assoiffés d'une nostalgie, d'une époque révolue. On refuse de croire que l'idéal promis est inatteignable. Sinon on se rabat sur un autre gros joueur dont seul le nom est à consonance familière. On entretient le rêve.

Les équipes originales de la ligue des 6 étaient presque entièrement constituées de joueurs canadiens, à haute teneur québécoise. Mais depuis, beaucoup de glace a pu fondre et reprendre au rythme des expansions, d'une nouvelle ligue professionnelle nord-américaine (Association Mondiale de Hockey), d'un recrutement élargi au vieux continent. Publicités et commandites ont réussi à se frayer un chemin sur les bandes et dans les amphithéâtres. On essaie aussi tant bien que mal d'ériger ces sanctuaires au beau milieu du désert, où inévitablement on se voit ramener à des considérations bien terre-à-terre, voire économiques. Le hockey est un business. Comme tout ce qui touche au sport professionnel.

Si la tendance actuelle se maintient, le Canadien n'enverra que trois Québécois sur la glace cette saison. Ça me désole. Au même titre que je déplore l'exode de nos meilleurs cerveaux à l'étranger, attirés parfois par le défi, souvent par la promesse de revenus supérieurs et d'une meilleure reconnaissance. C'est la vie, la plate réalité. Par contre, je les admire ces Guy Laliberté et ces Patrick Pichette, tout comme Luc Robitaille qui s'est monté une belle après-carrière du côté affaires avec les Kings.

Je suis une Québécoise qui aime le hockey. Passionnément. Parce que ça fait partie de mes traditions familiales, mais aussi parce que j'aime ce sport. Point. Je suis incapable de dire que j'ai rêvé un jour d'endosser la Flanelle, je suis une fille. Probablement pour ça qu'on m'accusera sans doute de manquer le coche. Toutefois, je serai la première à me lever pour applaudir l'un des nôtres. Qu'ils s'appellent Talbot ou Fleury, et laissez-moi vous dire que j'en étais très fière de nos compatriotes le mois dernier. Et je promets l'être davantage si jamais Guillaume, Maxime et Georges nous le rapportent le Graal, parce que mon équipe à moi est le CH, même si c'est l'effigie d'un joueur de concession de nationalité russe qui orne le temple.

Compléments d'info



Le Chandail est un conte pour enfants écrit par Roch Carrier qui lui a été inspiré par sa propre enfance à Ste-Justine. Un extrait de ce conte apparaît même au dos du billet canadien de 5 dollars. L'Office national du film en a fait un court métrage d'animation en 1980.







2009/11/09

La lettre M

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 15 septembre 2009)


Ce billet du jour vous est présenté par la lettre M.

Ah, un souvenir lointain d'enfance, la mienne ou peut-être celle de fiston... celui de la célèbre émission Sesame Street ou chaque épisode était commandité par une lettre de l'alphabet. La plus mémorable d'entre toutes, pour moi, fut celle de la lettre B. Ceux qui connaissent mes goûts musicaux comprendront immédiatement pourquoi.


Mais revenons-en à la lettre M. Jolie lettre en soi puisque prise toute seule, elle se conjugue comme le verbe aimer au présent ou à l'impératif.

Une lettre poétique, cette lettre M? À mon avis, elle l'est davantage lorsque jumelée comme dans ces petits bonbons tout colorés que sont les M&M's.

En passant, j'ai toujours préféré les M&M's amerloques aux Smarties canadiens ou britanniques.



J'ignore la raison, peut-être simplement le fait que j'ai toujours aimé les lettres et que les M&M's en étaient étampées d'une chaque. Ou encore parce que M&M's ont été les premiers à offrir la version aux arachides. Très utiles pour les personnes qui, comme moi, sont sujettes à des crises d'hypoglycémie: la combinaison sucre – protéine est le remède instantané idéal pour soulager une baisse de glycémie soudaine sans provoquer un déséquilibre du taux de sucre sanguin dans les heures suivantes. Et avec leur carapace sucrée qui leur confère une bonne vie d'entreposage, ces petites perles de secours trouvent leur place dans ma boîte à gant en cas d'urgence.

Loin de moi l'idée de discourir sur l'importance d'un bon régime alimentaire bien équilibré, je voulais toutefois effectivement traiter du sujet M&M's.

Je pense que nous sommes probablement à l'aube d'une toute nouvelle signification pour ce sigle, du moins c'est ce que Jacques Martin a pu laisser sous-entendre lors des deux premiers jours du camp, jours où l'on a pu voir l'équipe A à l'oeuvre. J'irai même jusqu'à dire que jusqu'à dimanche je n'avais jamais trouvé les M&M's aussi sexy.

Et quant à moi, si les matchs pré-saison démontrent la tendance déjà observée, ce ne sera que justice poétique. Vous le savez, je l'aimais bien moi, avant juillet dernier s'entend, Mike Komisarek.

Ne trouvez-vous pas que Markov et Mara auraient fait un bon duo?

Ils auraient pu facilement devenir mes nouveaux M&M's préférés.

En passant, je n'ai jamais gardé les rouges pour la fin.

2009/11/01

Petit Géant parmi les grands

un billet récupéré, recyclé et réutilisé
(publié originalement le 30 août 2009)

Si je me souviens bien clairement de la soirée, la date par contre, j'ai dû la chercher... C'était le 9 octobre 1971. Il s'agit pour moi du plus lointain souvenir que je puisse avoir d'une cérémonie organisée par le Canadien de Montréal avant la présentation d'un match. On retirait alors un chandail, avec le numéro 4 bien imprimé au dos. Bien sûr, c'est le Gros Bill qui était le jubilé, son numéro hissé. On l'avait offert à un joueur-recrue que l'on venait tout juste de repêcher et qui était destiné à de bien belles choses. Il l'avait refusé. Mais la pensée que j'ai aujourd'hui n'est ni pour Jean Béliveau, ni pour Guy Lafleur. Je pense à ce frêle homme que j'ai connu dans la télé de mes parents ce soir-là et dont le nom, pour une raison que j'ignore encore, car jamais je ne l'avais vu jouer, serait à jamais inscrit dans ma mémoire. Je pense à l'un des invités d'honneur de la soirée qui s'appelait Aurèle Joliat.





Aurèle Émile Joliat
(1902/08/29 -1986/06/02)


Bien avant que Béliveau ne voit le jour, Joliat avait déjà endossé le quatre. Le précédent occupant du célèbre chandail avait été la grande vedette des années 1910 Edouard "Newsy" Lalonde. Un des nouveaux copropriétaires du Canadien en 1921, Léo Dandurand, et son joueur étoile ne s'entendant guère, on a donc décidé de s'en départir et de le «vendre» pour $3 500 à une équipe de la ligue canadienne de l'ouest avec retour en compensation d'un jeune joueur amateur. La transaction qui a été fort contestée par la ligue nationale, qui réclamait un droit de premier regard avant tout autre ligue, n'était pas plus populaire auprès des partisans. Lalonde, dont le contrat annuel était de l'ordre de $5 000, était établi comme l'un des meilleurs marqueurs de la ligue et le joueur de 21 ans nouvellement acquis ne mesurait que 5'7'' et faisait pencher la balance à 136 lbs.

L'acquisition, risquée dans le contexte de la défaveur populaire, d'un joueur de si petit gabarit n'est-elle pas sans rappeler...?

Natif d'Ottawa, Aurèle Émile Joliat, était à son arrivée à Montréal un pur inconnu. L'ailier gauche, qui devint connu par la suite comme le «Mighty Atom» ou le «Little Giant», a pu épater la galerie dès son premier match. Malgré une défaite de 7 à 2 au dépens de Toronto, il fut le seul marqueur de buts du Canadien. C'est toutefois la saison suivante, alors qu'il fut jumelé à Howie Morentz, qu'il a éclaté. Membre de la formation du Canadien qui a inauguré l'ancien Forum coin Ste-Catherine et Atwater, le 29 novembre 1924, Joliat avait alors compté 2 buts dans une victoire de 7 à 1 contre les Pats de Toronto. Moins spectaculaire que Morentz, il excellait toutefois par son jeu défensif et ses forces en contre-attaque, alliant rapidité et robustesse.

Pourtant il s'en fallut de peu pour que Joliat ne connaisse pas cette merveilleuse carrière de 16 saisons, gagnant 3 Coupes Stanley et un trophée Hart. Il l'avait échappé belle alors qu'adolescent, travaillant à refaire une toiture, il avait chuté de 25 pieds et atterri sur le dos. Sans être sérieusement blessé il a toutefois joué toute sa carrière de hockeyeur avec deux vertèbres déplacées. Malgré ses problèmes de santé, douleurs au dos et ulcères d'estomac fréquents, le joueur de petite stature n'était pas moins redouté des ses adversaires et ne reculait jamais devant les affrontement à un contre un.

Entre autres faits d'armes, Joliat a été sélectionné ailier gauche sur la toute première équipe d'étoiles de la ligue nationale en 1931, puis sur la deuxième équipe en 1932, 1934 et 1935. En 1933-34, il a connu sa troisième saison consécutive de 20 buts (le calendrier régulier comptait alors 48 parties) et s'est mérité le trophée Hart remis au joueur le plus utile à son équipe.

Joliat a pris sa retraite en 1938, après avoir amassé 270 buts et 468 points.en 654 parties. Il a tenu longtemps le record de buts marqués par un ailier gauche. Il a été intronisé au temple de la renommée du hockey en 1945, au temple sportif de la renommée d'Ottawa en 1966 et au panthéon des sports canadiens en 1975. On dit que c'est le décès de Morenz en cours de saison en 1937 qui aurait l'aurait affecté puisqu'il en était très proche et incité à se retirer. Joliat est décédé à 84 ans en 1986.

Tous ceux qui l'ont connu de près disent que Joliat était d'un bon vivant et un conteur hors pair friand de l'attention du public. Personnage coloré en effet, sa dernière apparition publique fut lors d'une autre cérémonie donnée à l'ancien Forum de Montréal le 12 janvier 1985 célébrant cette fois-ci les 75 ans du Canadien ainsi que le 60ième anniversaire du Forum. Pour l'occasion, on avait présenté sur la patinoire l'équipe de rêve (Dream Team) composée de Maurice Richard, Jean Beliveau, Dickie Moore, Jacques Plante, Doug Harvey et Larry Robinson et de l'entraîneur Hector "Toe" Blake. Une fois les légendes bien installées sur le tapis rouge, Claude Mouton annonçait une grande surprise aux spectateurs et invita le plus vieux Glorieux encore vivant, Aurèle Joliat alors âgé de 83 ans.


Le Dream Team tel que voté par les partisans lors du 75ième anniversaire
du Canadien entourent Aurèle Joliat


Un octogénaire fougueux mais maladroit, n'ayant jamais perdu ni honneur ni fierté, qui est venu saluer une dernière fois l'amphithéâtre inauguré 60 ans plus tôt en patinant son dernier tour de piste coiffé de sa caractéristique casquette noire qu'il n'a pas hésité à enlever...





Anecdotes sur Aurèle Joliat


Newsy Lalonde et Aurèle Joliat se sont croisés deux ans après la transaction qui les avaient impliqués. Apparemment Lalonde avait pris d'un mauvais oeil la faveur populaire qu'avait acquis son remplaçant, en lui assénant une violent double-échec en plein visage.

Avant même de devenir professionnel, Joliat s'était compromis avec de douteuses fréquentations. Il avait été embauché par une équipe intermédiaire de Iroquois Falls qui disputait un championnat et, avant un match, avait rencontré une paire d'individus qui lui auraient offert $500 pour perdre la partie. Joliat qui n'avait jamais vu autant de fric de sa vie, a pris la liasse qu'on lui avait tendue et s'est dépêché pour se préparer au match. Une fois la partie amorcée, il semble qu'il ait oublié son sombre pacte dans le feu du moment et il marqua, pas un mais deux trucs du chapeau dans la victoire des siens. Réalisant ne pas avoir tenu sa promesse, il a su se défiler parmi la foule et emprunter une sortie arrière et se sauver à la gare. Apparemment il pouvait être aussi ra pide hors-glace que sur une patinoire.


Atteint de calvitie précoce, Joliat avait adopté l'habitude de revêtir une casquette noire qui est devenue pour ainsi dire sa marque de commerce. Joliat, peut-être par surperstition, refusait de s'élancer sur la rondelle sans avoir sa casquette sur la tête. Ses adversaires, connaissant son talon d'Achille tentaient constamment de lui arracher son couvre-chef afin de lui faire perdre sa concentration. Mais, vif et rapide, l'attaquant perdait rarement ni la tête, ni la casquette.


On raconte que lors d'une soirée rendant hommage à des légendes de hockey tenue dans les années 1970 à Boston, Aurèle Joliat et un de ses adversaires du temps, Punch Broadbent, en étaient venus aux poings afin de régler une vieille histoire des années 20. Et ce n'est nul autre que l'ancien président de la ligue, Clarence Campbell qui aurait négocié la paix entre les deux anciens joueurs.


Si Joliat n'était nullement inquiet de chausser les patins ce soir de janvier-là au Forum devant les partisans du Canadien, c'est probablement dû au fait qu'on le voyait régulièrement patiner le long du canal Rideau jusque vers la fin de sa vie. Si ma mémoire est bonne, on en avait montré des films d'archives datant des années 1980 dans le cadre de la série télévisuelle Le hockey, la fierté d'un peuple, dont l'ensemble DVD ne fait malheuresement pas partie de ma collection privée, du moins encore.