
Cette nouvelle tombée pendant le match opposant la Slovaquie à la Russie lors du tournoi préliminaire des JO de Vancouver, m'a fait chercher ce fameux billet... enfin retrouvé. Un très banal hommage à quelqu'un qui n'en est pas à sa première lutte, mais probablement l'une des dernières...
un 28 septembre 1972 à Moscou
L'histoire se jouait dans mes oreilles, alors que j'étais calée dans le fond d'une classe, ô comme le hasard fait les choses ironiquement parfois, pendant un cours d'histoire...
D'autres plus chanceux avaient eu en cet après-midi-là congé de devoirs congé de leçons, rassemblements dans des gymnases devant la télé. Moi, je fus obligée de camoufler un radio transistor dans mes vêtements, le fil d'écouteur tressé discrètement dans mes cheveux...
Mais avec 34 secondes à faire en troisième, Paul Henderson a trahi mon stratagème, ainsi que celui de 3 ou 4 autres compagnons de classe, lorsque nous n'avons pu retenir notre émotion dans cette victoire empreinte à jamais dans ma mémoire.
Il avait sauvé l'honneur du pays dans la série du siècle.
Je lui avais pardonné d'être un joueur des Maple Leafs.
Pour se rappeler ou avoir une idée de cette fabuleuse série du siècle, je recommande ce site: 1972 Summit Series.
Radio-Canada y consacre par ailleurs un excellent dossier dans ses archives.
Ah, tant qu'à parler de souvenirs... Je reviens d'un court séjour passé dans un endroit où la seule forme de technologie moderne accessible et qui soit acceptable à mes oreilles était la radio de la Première Chaîne captée sur un appareil alimenté par cellule photovoltaïque ou à coups de crinques lorsqu'il fait trop sombre dehors. Ce qui m'a permis d'entamer l'excellente série d'émissions produite par la SRC portant sur la Révolution tranquille. Je vous la recommande fortement, que vous ayez 20, 30 ou 60 ans, car il n'y a pas meilleur cours d'histoire sur cette période déterminante de notre identité nationale, que l'on soit du camp de Pierre Boivin ou de celui de Réjean Tremblay.
D'ailleurs, parlant de l'ami Réjean, je suspecte que nous partagions certains goûts malgré nos différends virtuels. Je suis persuadée qu'il a tiré le titre d'une récente chronique du tout premier épisode de la série signée Michel Lacombe.
Mon interlocuteur de ma session de clavardage matinal a porté à mon attention le fait qu'il fut un temps où la Saint-Jean, du temps qu'elle n'était pas officiellement devenue la fête nationale, pouvait attirer plus de trois centaines de milliers de spectateurs. Dire que certaines personnes croient ferme que seul sir Paul est capable d'un tel exploit sur les Plaines d'Abraham...
2009/11/16 Notes additionnelles et circonstancielles
J'ai vraiment apprécié hier soir la présence de Monsieur à TLMEP. J'étais contente de le voir paraître en meilleure forme que lors de sa dernière présence à l'autel dominical télévisuel. Je me rappellerai toujours la conférence qu'il était venu donner en pleine campagne électorale à l'automne 1976 au Collège Notre-Dame-de-Foy que je fréquentais alors – ironiquement et même si ça n'a pas trop rapport, je me souviens aussi qu'un certain John Cannon, fils de Lawrence notre ministre, était du lot estudiantin… je me demande bien ce qu'il fait aujourd'hui. Donc oui, Monsieur. Oh quel homme ! J'ignorais beaucoup encore de ce grand homme qui a tant donné pour son pays. Mais il m'avait séduite par son intelligence et sa passion. Et en même temps, l'adolescente romantique que j'étais à l'époque n'avait pu s'empêcher aussi de remarquer l'amour profond qu'il portait pour sa douce Alice… Il m'a fallu un peu de temps par la suite pour vraiment apprécier Jacques Parizeau dans tous ses contextes historiques, de la Révolution tranquille à sa prestation de belle-mère d'un parti politique en agonie.
Nous avions été présentés l'un à l'autre par un ami commun, mon patron du temps et son ancien confrère alors qu'aux études. Nous étions si semblables et si différents lui et moi, ç'avait été le coup de foudre instantané. En fait, pour moi, ce fut le coup de foudre.
Moi citadine banlieusarde de Trois-Rivières, lui vétérinaire des grands chemins beaucerons, avions cliqué en discutant de L'insoutenable légèreté de l'être de Kundera. Notre histoire n'aura duré que quelques mois, mais ô combien de joyeux souvenirs de mes inepties et incompatibilités partielles avec la vaste campagne en aurai-je conservés.
Ces voyageages dans les collines des Bois-Francs, de l'Amiante et de la Beauce, amour à longue distance oblige. Des soirées de vendredi aux petits matins de lundi, que j'en avais fait du kilométrage à l'époque!
Je me revois encore à l'aurore d'un lundi printanier, filant à vive allure pour me rendre au travail. C'était un rang comme on les aime, en belle ligne droite, assez pour ignorer le code un tant soit peu, caché qu'il était parmi les arbres. Mais si le Code de la route peut être boudé, celui de la forêt on ne peut ignorer. Je me suis ainsi retrouvée dans un tête-à-tête imprévisible, celui qui aurait pu changer ma destinée. Soudainement, cet énorme animal décide de traverser ce cinquième rang de je ne me rappelle plus le nom de la place près de Black Lake, un raccourci, et juste comme je le rejoins s'arrête. C'est comme ça que je me revois assise, arrêtée devant cet orignal sans panache bien droit et perpendiculaire à mon chemin. Impossible à contourner. J'ignore le temps exact qu'avait duré l'arrêt, j'étais simplement dépourvue de solution autre qu'une attente interminable, le temps que l'errant plein de panache ne se décide. Mais je me souviens toutefois que l'excuse justifiant mon retard au boulot ce jour-là avait été un peu dure à avaler...
Il y eut aussi cette autre aventure, nocturne celle-là, où encore sous l'emprise de ces élans spontanés que commandent une telle idylle j'avais négligé de faire installer ses chaussures d'hiver à mon automobile. C'était ma première expédition solo dans la contrée de l'amoureux que j'allais rejoindre après le travail alors qu'il faisait sa garde de fin de semaine. Une nuit de décembre, au paysage frais enneigé éclairé d'une lune si pleine m'avait permis de surmonter mon inquiétude et prendre la route si peu connue. Ah ces beaux vals et vallons beaucerons! Quelles belles images défilaient autour de moi ce vendredi-là. Ou même était-ce déjà le samedi. Le hic, c'est qu'encore en cette époque on croyait à la performance des pneus quatre-saisons pendant les quatre saisons. Du moins dans les rues bien dessalées. Or le troisième (ou le cinquième?) rang de Saint-Jacques-de-Leeds, avec sa pente à grimper de 10 degrés faisait fi des promesses du Bibendum, et ma coréenne à propulsion arrière a abdiqué dans le fossé. En ces âges pré-cellulaires, une ballade en pleine campagne agrémentée de hurlements lointains, c'était bel et bien la lune pleine... Par chance, l'air était doux. Par chance, je voyais quelque part la lumière d'une chaumière accueillante, avec un feu de cheminée. J'ai marché plusieurs minutes de plus qu'envisagé, les distances étant trompeuses dans ces collines et finalement rejoint l'entrée de cour de la propriété au moment où l'occupant décidant d'aller dormir me faisait signe non-non en fermant son éclairage. Hésitante, j'ai tout de même osé frapper à la porte car ça ne me tentait pas pour une raison encore étrange de déterminer si les cris entendus étaient ceux de chiens ou de loups affamés. Je vous avoue, cette fois-là, j'ai dégusté l'une de mes meilleures tasses de thé à vie, celle que mon hôte si accueillant m'avait offerte, le temps d'attendre que l'amoureux ne vienne nous rescaper mon auto et moi du piège hivernal de la grande côte que nous n'avions jamais réussi à gravir.
Belle surprise en une du Soleil ce matin. Une question de momentum?
Qu'ont ont en commun Christiane Charette, Kathleen Lavoie, Jean Leloup, et votre humble «scriblogueuse»?
Les trois autres ne le savent peut-être pas, mais on s'est tous rencontrés il y a un peu plus d'un an chez Christiane, – moi, j'étais celle avec le baladeur pendu aux oreilles, encore sous les vapes des effluves d'un quatre-centième ou quelque chose du genre. Pauvre Kathleen que je ne connaissais que par le biais de mon quotidien et de ses vues artistiques, le roi ponpon ne l'avait pas ratée au passage...
Bien, en ce glorieux et joyeux vendredi, je me réjouis que mon Soleil m'apprenne sa venue dans la blogosphère.
Moi qui, il n'y a que quelques mois à peine, déplorais le trop peu de Chantal dans le domaine...
Moi qui me suis sentie si mal d'avoir trop sévèrement critiqué la première blonde-blogueuse de l'Attaque à 5 pour avoir raté le coche télévisuel, une fois que j'ai réalisé le mauvais timing, celui de ne pas l'avoir fréquentée au bon moment en tant que la fort connue Miss Miller...
Je m'étais réjouie, silencieusement, dans le temps des camps d'entraînement lorsque je l'ai vue passer des Arts aux Sports. Je me réjouis davantage ce matin parce qu'il est plus que temps, je crois que c'est en effet le meilleur moment pour accueillir non seulement une autre blogueuse sportive, mais une autre professionnelle.
Bienvenue Milady Lavoie!
Mais sachez que malgré mon bonheur de vous lire ce matin, je demeurerai quand même une glorieuse fan finie de mes biens-aimés Glorieux, même si notre maire réalise notre rêve à toutes deux.
En guise de bienvenue, voici, juste pour vous Kathleen:

Roch Carrier
Vous connaissez l'auteur Roch Carrier? Carrier est probablement l'auteur québécois, que dis-je, canadien, qui a le plus été inspiré par notre sport national. J'ignore pour quelle raison exacte ce matin, j'ai lorgné du côté du site de l'ONF. J'ai pris un immense plaisir à revoir cette succulente animation produite à partir d'un texte de Roch Carrier: Le Chandail – voir au bas de la page pour visionner. Pour Carrier, c'est clair: le hockey est la fierté d'un peuple. Et l'on sait que seule la mention du mot « peuple » déchaîne les passions. Conjuguez-y le hockey et la Flanelle on peut s'attendre à un mélange parfois explosif!
Un sage a déjà suggéré que discuter religion ou politique dans une réunion de famille est la recette assurée pour que l'ambiance dégénère. Je peux en attester personnellement. Récemment, ma participation accrue dans des forums dédiés à mon équipe de hockey préférée m'a permis de le vivre à un autre niveau. J'ai été témoin de prises de bec enflammées, plus, j'y ai participé et pire encore, j'en ai provoqué quelques-unes.
C'est vrai que c'est pas facile, que tout ça, c'est délicat. Le Club de hockey Athlétique Canadien, à l'origine une invention purement marketing – les confrontations anglos-francos attiraient la foule – a évolué pour devenir le symbole mythique d'un peuple, d'une nation. Le Canadien de Maurice Richard, c'est pour plusieurs l'affranchissement d'un peuple de l'emprise du conquérant. Impossible de le nier. L'excellente série télévisée Le hockey, la fierté d'un peuple l'a très bien démontré. Et ce, pour toutes les options linguistiques des peuples fondateurs.
Nos esprits sont souvent tordus par l'émotion. On explique la rivalité Canadien – Maple Leafs par celle pouvant exister entre les Canadiens français et les loyalistes du temps. Qu'en est-il de celle Canadien – Bruins? Boston n'est-elle pas le berceau de la révolution américaine? On réclame une identité bien québécoise pour l'équipe glorieuse, on veut s'identifier à ses joueurs. Et l'on manifeste en faveur de la réintégration d'un certain Artiste Est-européen. Récemment j'ai entendu un rappeur dénommé Chafiik décliner patriotiquement que le club de hockey Canadien devrait être au Québec ce que le Barca est à la Catalogne, et devrait ainsi regrouper plus de joueurs à l'identité du pays. Pourtant, il chante dans ce nouvel hymne :
Mais le tissu social de Montréal
C'est de la Sainte-Flanelle
[...]
C'est ça qui nous ressemble
C'est ça qui nous rassemble
Anglo, franco peu importe ta couleur de ta peau
extrait de la chanson Le but (Loco Locass)
Compléments d'info
Le Chandail est un conte pour enfants écrit par Roch Carrier qui lui a été inspiré par sa propre enfance à Ste-Justine. Un extrait de ce conte apparaît même au dos du billet canadien de 5 dollars. L'Office national du film en a fait un court métrage d'animation en 1980.
